Jours d’errance – II

La mer ne me délivre pas de la solitude. Ses filets me retiennent sur le sable, la bouche amère. Fait étrange : pas  le moindre pêcheur par ici, pas la moindre voile. Des poissons innocents glissent entre les mailles des reflets. Ce caractère distrait que l’on m’attribue provient d’un excès de concentration. Je n’ai de véritable et profonde attention que pour l’ailleurs.

L’horizon implacable désigne l’infini
c’est avec une sombre joie
que l’on voit s’échafauder entre l’infini et soi
l’érection d’un mur de nuages durs
à notre portée
Si le ciel venait à tomber
un peu de vent creuserait nos têtes
personne ne saurait ce qui s’est passé
on s’endormirait pour l’éternité
la tête enfouie dans les draps du sable
La mer qui joue avec des enfants sur la plage
est autrement plus dangereuse et sournoise
mauvaise bête
elle ne ramène pas toujours les corps de ses noyés
elle règne sur le plus vaste tombeau du monde

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